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Pas facile de s’installer devant son ordinateur pour publier quelque chose qui ne tombera pas complètement à plat, à côté de la plaque, après les évènements d’hier. J’avais bien prévu quelque chose, une vidéo au thème parfaitement indiqué pour ce début d’année, mais ça ne sonne pas juste. Je ne peux pas. Ça attendra la semaine prochaine.

S’il est malheureusement courant que je sois exposée à des choses qui me révoltent, m’attristent profondément et pourraient me faire perdre toute foi en l’humanité, ce n’est pas tous les jours que des faits d’actualité me font pleurer à chaudes larmes.

Aujourd’hui plus encore que d’habitude, la question se pose : comment ne pas péter un plomb, ne pas perdre espoir, ne pas se laisser grignoter par les horreurs dont on a connaissance, et arriver à conserver un semblant de sérénité face à ce monde de merde (je ne vois pas d’autres mots) ?

Voici ce que je fais personnellement pour rester sereine de façon générale, et en particulier suite à l’attaque qui vient de frapper Charlie Hebdo… et ne peut nous laisser de marbre :

Savoir dire ‘stop’

Le 11 septembre 2001, j’ai fait l’erreur de rester scotchée pendant des heures et des heures sur les chaînes d’info. Mes seules interruptions : le trajet en métro pour rentrer chez moi et mon dîner d’anniversaire qui a duré 15 minutes chrono. Or passer la soirée ou la nuit à regarder ou écouter les infos non stop ne sert strictement à rien, si ce n’est augmenter l’angoisse et la tristesse.

Oui, c’est dur. Oui, c’est choquant. On veut savoir ce qui s’est passé. On veut comprendre. On veut savoir s’ils ont été attrapés. C’est normal. Mais objectivement, continuer de suivre les infos minute par minute ne sert à rien.

Prenez soin de vous : éteignez la télé ou la radio, éloignez-vous des sites d’info et des réseaux sociaux, et faites autre chose pendant quelques heures.

Et si, comme moi, vous avez du mal à travailler, vous pouvez par exemple méditer, prendre une douche, marcher, courir, regarder un film ou une série drôle… en bref, faire quelque chose qui vous permettra de détourner votre attention et d’élever un peu votre énergie.

Faire le tri

Ce type d’évènement ne fait pas toujours ressortir le meilleur de nos contacts Facebook. Je n’ai aucun problème à supprimer de mes contacts les personnes dont les publications sont homophobes, sexistes, racistes, etc.. Dans le doute, j’ai reprécisé sur Facebook mon intention en cas de propos islamophobes (ceci dit, puisque je me tiens éloignée de mon flux, je prends peu de risques).

Soyez sympas avec vous-même : faites le ménage dans vos contacts si certains d’entre eux attisent la haine plus qu’autre chose. Et si vous hésitez lorsqu’il s’agit de la famille ou de collègues de travail, sachez que vous pouvez cesser de suivre les publications d’un “ami” sans le retirer de vos contacts.

Profitez-en vous connecter un peu plus aux personnes qui vous font du bien, vous donnent de l’espoir, vous élèvent…

Digérer

Particulièrement applicable aujourd’hui, je pense qu’il est important de se laisser l’espace et le temps, de digérer ce qui s’est passé. Ce que ça veut dire concrètement ? S’accorder du temps de silence, pourquoi pas seule, pour laisser les émotions émerger.

Parce qu’être dans le déni n’est pas plus utile que de regarder les informations en boucle.
Parce que des émotions qui restent coincées, là, à l’intérieur, ça ne vous rend pas service.
Parce que ça va toujours mieux après avoir laissé ses émotions s’exprimer.

Agir

Vous n’êtes bien évidemment pas obligée de passer à l’action. Mais vous me connaissez, j’aime le passage à l’action.

Agir, ça peut passer par des choses très simples. Les rassemblements pacifistes peuvent en faire partie. Écrire peut en faire partie. Poursuivre votre développement personnel peut en faire partie.

Oui, décider simplement de continuer à grandir, de reprendre les contrôle de votre vie, de chercher à vous libérer de ce que vous avez encore le sentiment de subir aujourd’hui, c’est agir. Et contrairement aux apparences, de toutes petites actions peuvent avoir un immense pouvoir : celui de changer le monde petit à petit.

Focaliser son attention sur le bon

Il y a, oui, des raisons de conserver la foi en l’humanité. Elles sont tout autour de vous. Il y a de la bienveillance, de l’amour, des mouvements pacifistes, des gens qui continuent d’oeuvrer pour la liberté, pour la paix. Ne les oublions pas.
Toutes mes pensées accompagnent les proches des victimes.