fbpx

Aussi loin que je me souvienne, l’un de mes plus grands objectifs était (et est toujours) d’être et de demeurer heureuse. C’est quelque chose que j’ai désiré ardemment, et c’est encore ce qui me guide aujourd’hui.

Victimisation

Pourtant, à ma petite échelle bien entendu et sans entrer dans les détails, je n’ai pas eu un parcours particulièrement serein, et ce, des mes premières années. Une fois adulte, j’ai longtemps pensé que quoi qu’il arrive, le monde finissait par se liguer contre moi alors que je faisais tellement d’efforts pour parvenir à être enfin heureuse. Qu’importe la nature de mes malheurs, je trouvais toujours quelqu’un ou quelque chose à blâmer.

Si je ne parvenais pas à avoir une relation sentimentale sereine et durable, c’est que les hommes que je rencontrais n’étaient pas suffisamment bien pour moi (j’ai même été jusqu’à penser qu’en définitive, aucun d’entre eux n’était à la hauteur). D’ailleurs, si j’ai bu plus que de raison jusqu’à en arriver à la dépendance, c’était de leur faute à eux, tous ceux qui m’avaient fait du mal au fil du temps…Si mes finances étaient au plus mal, c’était à cause de la vie si chère à Paris, surtout lorsque l’on est célibataire, et si j’étais tellement angoissée, c’était bien entendu pour des raisons extérieures.

Regarder la réalité en face

Jamais durant toutes ces années je n’ai cherché à remettre cette façon de penser en cause… jusqu’à ce que je fasse des rencontres qui ont changé le regard que je portais sur les autres, en regardant, pour une fois, celle que je voyais chaque jour dans le miroir.

J’ai réalisé qu’en rejetant constamment la faute sur autrui sans analyse préalable, je ne sortirai jamais de ce cycle infernal de la victimisation. Tout n’est jamais tout blanc ou tout noir, et les torts sont bien souvent largement partagés.

En réalité, dans bon nombre de situations, j’étais mon propre bourreau sans même m’en apercevoir. Je me complaisais dans la souffrance, je tendais le bâton pour me faire battre, et je ne savais pas poser mes limites.

Pour pouvoir inverser la tendance, il m’a fallu commencer par faire un examen sincère de la personne la plus proche et la plus mystérieuse : moi-même. Sans me voiler la face, sans jugement, tout simplement en observant qui j’étais et ce que j’avais fait… et non ce que d’autres m’avaient fait.

Cette opération n’a rien eu de facile, et a été parfois douloureuse. S’apercevoir que l’on aurait pu faire les choses autrement au lieu de s’infliger ou de se laisser infliger certaines choses qui nous on fait souffrir, réaliser qui l’on est vraiment et découvrir ses défauts… Cela peut faire mal. Mais l’exercice vaut la peine d’être effectué. Car si l’on ne peut pas changer le passé, on peut enfin prendre en main son avenir lorsque l’on sait enfin qui l’on est.

Analyser et agir

Aujourd’hui, je parviens à tirer des leçons du passé pour agir dans le respect de celle que je suis et désire être, ainsi que dans le respect de l’autre. Mieux encore, je tente le plus souvent possible d’examiner ma vie et mes émotions en passant en revue la journée ou la semaine qui vient de s’écouler : lorsqu’un comportement, une personne, ou une situation me fait souffrir, j’analyse ce qui a pu se passer en me demandant sincèrement ce que je pourrais faire pour débloquer les choses, avant de poser les actes qui s’imposent.

Le bonheur à portée de main

Apprendre à me connaître, accepter mes défauts et rétablir la balance dans ma vie est un chemin sans fin. Mais quel voyage magnifique ! A chaque pas, le bonheur est un peu plus proche. Et si quelques incidents de parcours peuvent survenir, il est toujours temps d’agir !

Cet article est ma contribution au festival A la Croisée des Blogs du mois d’août sur le thème “Être vrai envers soi-même”, organisé par Alban.

Photo : Kathryn