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Je sais ce que vous vous dites : faire de la place pour l’imprévu, ça veut dire le prévoir… mais comment prévoir l’imprévu qui est par définition… imprévisible ?

Je sais.

Lorsqu’au beau milieu de l’enregistrement des vidéos de ma première formation gratuite, j’ai commencé à avoir l’impression qu’on m’enfonçait un couteau dans l’oeil gauche, que ma vue a diminué radicalement, et que la lumière du jour est devenue insupportable, je ne l’ai pas vu venir. Mais je m’étais engagée à fournir les vidéos à un certain rythme : je n’allais donc certainement pas tout laisser en plan ! Dès que la douleur a été moins forte, j’ai donc enregistré la vidéo qui devait paraître deux jours plus tard.

Lorsqu’une fois le traitement terminé, les symptômes sont revenus, et qu’on m’a diagnostiqué une maladie chronique, d’origine indéterminée, et dont les traitements connus font seulement disparaître les symptômes jusqu’à la prochaine fois, je ne l’ai pas vu venir non plus. D’ailleurs, le retour rapide des symptômes à chaque diminution du traitement, je n’ai pas vu venir non plus !

Globalement, ces derniers mois, j’ai réussi à prendre à chaque fois un jour ou deux pour moi, ou au moins à réduire considérablement ma charge de travail, le temps que la douleur s’en aille. [Ok, au bout d’un moment, c’est devenu de la triche : j’ai compris que diminuer mes gouttes entrainerait au bout d’une semaine environ, le retour des symptômes, donc on ne peut plus trop parler d’imprévu, mais vous saisissez l’idée.]

Cette semaine, par contre, je me suis faite avoir. Après une semaine de semi-vacances, j’ai dû tomber dans un trou temporel et j’ai complètement zappé que souffrance et vision floue allaient être au rendez-vous très vite (pour ma défense, j’étais aussi en droit de supposer que je pouvais y échapper cette fois-ci). Et évidemment, j’avais justement prévu d’enregistrer un certain nombre de vidéos cette semaine, dont certaines de type “pas mal urgent” pour cause de formation en cours.

J’aurais pu ne pas m’atteler à la tâche, mais je l’ai fait quand même. J’ai attendu que la douleur soit un peu plus supportable, et j’ai enregistré mes vidéos. J’ai même répondu présente à un rendez-vous business. Je me suis même occupée de mes clientes. Il n’y avait pas non plus mort de femme ! Mais j’aurais préféré gérer tout ça autrement, et en temps normal, c’est ce que je fais. [C’est pas ma faute, c’est la faute aux semi-vacances !]

Bref. Je ne vous raconte pas ma vie pour le plaisir de vous raconter ma vie. Je vous la raconte parce que l’imprévu, personne n’y échappe. Mais on peut faire en sorte de diminuer son impact.

Jusque là, il m’était toujours apparu important de savoir laisser un peu de place pour l’imprévu. Mais la raison principale, c’était tout simplement qu’un agenda trop rempli, perso, ça m’angoisse (du coup, vous pouvez imaginer que j’ai toujours un petit coup de stress juste avant de retourner à Paris, puisque j’y enchaine généralement les rendez-vous) ! Ensuite, effectivement… qui n’est jamais tombée malade avec une to-do list de dix bornes à gérer ?! Mais puisqu’en général, tout va bien, on y pense assez rarement.

Comme vous pouvez le deviner, laisser de la place pour l’imprévu est devenu plus important avec mon diagnostic. Vraiment important. Car si l’avantage d’être sa propre patronne est de pouvoir faire un peu ce qu’on veut, l’inconvénient, c’est que l’on n’est pas vraiment remplaçable pour un tas de choses (je pourrais demander à quelqu’un de gérer un certain nombre de tâches, mais personne d’autre que moi ne peut enregistrer les vidéos ou s’occuper de mes clientes ! – et je refuse qu’on écrive à ma place, même si ça veut dire écrire en voyant à moitié flou comme c’est le cas en ce moment ;)… ou ne pas écrire du tout.). Tout l’enjeu est donc de faire en sorte que notre activité ne souffre pas trop des imprévus.

Alors, comment faire pour ne pas se retrouver le bec dans l’eau en cas d’imprévu ?

 

1. Savoir ce que l’on doit faire dans le mois à venir (et plus encore)

C’est un peu la règle d’or de la planification. Vous devez savoir ce que vous avez à faire. Aujourd’hui, cette semaine, ce mois-ci, cette année. Oui, vous devez voir aussi loin que possible.

Je sais, ça peut être un peu angoissant de se projeter très loin, mais avoir une vision claire de ce que vous devez/souhaitez faire pour/dans votre activité, ça vous permet de mieux identifier les périodes creuses, les moments où vous allez pouvoir dégager du temps, et les moments où vous serez moins disponible.

L’avantage, c’est que cette vision à long terme vous donnera aussi l’occasion d’anticiper tout ce qui peut l’être, comme les tâches récurrentes.

Ça ne veut pas dire que c’est forcément gravé dans le marbre : en fait, ça veut aussi dire que vous pourrez mieux déplacer certains engagements en évitant que tout ne parte en vrille !

2. Faire ce que l’on peut faire quand on peut effectivement le faire : c’est à dire à l’avance, quand on a la pêche. (Adieu, procrastination !)

En ce qui me concerne, ça veut dire essentiellement faire en sorte d’avoir plusieurs vidéos sous le coude, de planifier une grande partie de mes posts sur les réseaux sociaux, d’avoir des idées d’articles à portée de main, ou mieux encore, quelques articles prêts à l’avance (j’avoue avoir plus de mal avec les articles parce qu’ils me prennent plus de temps ; raison pour laquelle je me dis régulièrement “à l’avenir je ne vais faire que des vidéos”, et puis bizarrement, je reviens à l’écrit… à croire que j’aime ça depuis environ 14 ans que je blogue ! – WAIT, WHAT?! 14 ANS DE BLOGGING ?! – Désolée, je m’égare…).

Quand je peux le faire, je le fais. Je n’attends pas demain sous prétexte qu’a priori, demain aussi je pourrai le faire. Parce que… rien ne me garantit que ce sera le cas.

C’est clairement le genre de chose que l’on ne se dit pas quand tout va bien (moi la première… je suis la reine de la dernière minute et j’aime me lancer avant d’être totalement prête, c’est mon antidote anti-procrastination !). Mais forcément, après quelques mésaventures ou quand on a une maladie chronique, on change un peu de façon de fonctionner. Au moins, ce qui est fait n’est plus à faire !

Sérieusement. Pensez-y : et si demain quelque chose venait se mettre en travers de votre route ?

Ça peut aussi être quelque chose de super positif : et si demain il faisait soudainement super beau et que vous aviez l’opportunité d’aller vous détendre sous les cocotiers ? ce serait dommage de passer à côté sous prétexte que vous avez procrastiné la veille, non ? ;))

Ne voyez donc pas ça comme une journée de travail intensif, mais plutôt comme un lendemain tranquille ouvert aux opportunités !

3. Regrouper les tâches et (se) poser des limites claires

Quitte à sortir tout mon matériel pour une vidéo, autant en enregistrer plusieurs le même jour : c’est un gain de temps, et je n’ai pas à changer d’énergie plusieurs fois dans la journée. Il en va de même pour le traitement des emails : éviter de répondre au cas par cas, mais prévoir une tranche horaire dans la journée pour le faire, ça garantit l’efficacité et ça laisse plus de place à l’imprévu (plus de culpabilité à avoir lorsque vous ne répondez pas à vos mails parce que vous êtes à la plage. il y a un temps pour ça dans votre agenda !).

Il est donc important de (se) poser des limites : à soi, aux client-e-s, au monde…

Il y a des moments où je ne souhaite ni n’accepte d’être dérangée dans mon travail. Il y a aussi des moments où je ne souhaite ni n’accepte d’être dérangée dans ma glande intensive. Ça suppose de savoir faire la différence entre l’urgent, l’important, ou encore la question de vie ou de mort.

Mes clientes sont importantes. Elles sont donc les premières sur ma to-do list de mails à répondre. Mais ça ne veut pas dire que répondre à leur mail est nécessairement urgent, et il y a peu de chances pour que ce soit une question de vie ou de mort.
Meaning: je ne réponds pas le week-end (mais ça pourrait être n’importe quel autre moment que je choisis de destiner à la glande) à moins qu’elles ne soient en détresse totale.

Vos limites sont là pour vous permettre de passer toujours en premier. Car oui, vous êtes la priorité : vous ne pouvez être utile au monde que si vous êtes en forme et en bonne santé. Si vous n’en êtes pas convaincue, réfléchissez donc à ceci : quel intérêt auriez vous à négliger votre santé en faisant passer les client-e-s avant vous, puisque vous risquez d’être malade et donc de ne plus pouvoir vous en occuper ? Ce serait contre-productif !

Vous ne voyez pas le lien avec l’imprévu ? Vous êtes un être humain. Vous aurez forcément des imprévus. (Vous) Poser des limites claires pour permettra de les gérer : vous êtes clouée au lit avec la grippe ? vous le faites savoir à vos client-e-s et vous vous occupez de vous. Vous êtes en vacances ? Eh bien vous êtes en vacances et puis c’est tout. Mais puisque vous avez planifié tout ce qui pouvait l’être, vous avez fait de votre mieux. Les demandes de vos client-e-s ne sont pas des questions de vie ou de mort sauf cas particulier. Auquel cas vous avez prévu une marge de manoeuvre puisque vous avez planifié ! 😉

PRINCIPE BONUS :

4. OSEF, YOLO (On S’en Fout, You Only Live Once. Ce qui n’est évidemment pas une raison pour faire n’importe quoi)

Je me souviens d’une séance photo avec mon ami P-Mod il y a quelques années. En réalisant qu’il nous manquait un accessoire relativement important pour parfaire la mise en scène, il a eu une phrase magique : “On va faire autrement, et puis si ça marche pas, on s’en fout”. Magique. Parfait. Ça m’a fait beaucoup rire à l’époque, mais c’est resté gravé dans ma mémoire, si bien qu’aujourd’hui encore, lorsque quelque chose ne se passe pas comme prévu, j’aime me souvenir de la réponse magique : “On s’en fout”.

Réponse qui est d’ailleurs tout à fait cohérente avec une question super puissante mon amie Morgane : “Est-ce que ça aura une importance dans 10 ans ?”.

La réponse est généralement NON.

Non, dans 10 ans, ça n’aura plus aucune importance si je ne publie pas un article aujourd’hui (mais je le fais parce que ça me fait plaisir).
Ça n’aura aucune importance non plus pour les personnes qui suivent ma formation que l’écart entre deux vidéos ait été un poil plus long que prévu (mais je fais en sorte que ça ne soit pas le cas parce que j’en ai envie et que je le peux).

Potentiellement aussi, le fait que j’ai travaillé un jour où mon oeil me faisait souffrir et/ou voyait flou n’aura aucune importance. En revanche, ça pourrait bien en avoir si ça devient récurrent et que je passe mon temps à ne jamais écouter mon corps !
Comprendre : ce n’est pas parce que vous pouvez faire quelque chose que vous devez nécessairement le faire – identifiez ce que ça peut vous coûter dans quelques années.

On ne vit qu’une fois, mais autant que ça soit le plus longtemps possible et dans les meilleures conditions possibles !

Votre mission, si vous l’acceptez

Choisissez l’un de ces principes et mettez-le en pratique dans votre vie MAINTENANT.
Et parce que je suis curieuse : n’hésitez pas à partager dans les commentaires le(s) contexte(s) dans le(s)quel(s) vous allez les mettre en pratique ! 

+ Si vous avez d’autres principes qui vont dans le même sens, je serais ravie de les connaître !

Sur ces bonnes paroles, je dois enregistrer une vidéo à paraître lundi dans le bootcamp. Parce que j’ai bêtement oublié de l’enregistrer hier… C’est ce qu’on appelle, en terme de planification et de regroupement de tâches, un FAIL ! 😉 Mais OSEF, YOLO.