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Ah, la sécurité… Un salaire fixe tous les mois, une mutuelle, un CE, des places de ciné moins chères, des tickets resto, des primes… C’est pas la belle vie ça ? Ça fait rêver, n’est-ce pas ? Mais peut-être connaissez-vous déjà ce bonheur incroyable ?

Ok, j’avoue, je suis très ironique. Ce bonheur-là, j’y ai goûté pendant neuf ans. Et oui, c’est confortable. Mieux encore, on n’a pas besoin de se poser beaucoup de questions. Et pourtant, je ne suis pas la seule à ne pas avoir réussi à m’en satisfaire, quoi que mon cas soit un peu différent.


Cela fait quelques mois que je suis officiellement libérée de tout engagement avec un employeur, et je réalise que si je l’ai souvent évoqué ici, je n’ai pas pris la peine d’entrer dans les détails. Il est temps pour moi de me rattraper (et pour vous, de vous préparer à un pavé 😉 – mais comme je suis sympa, je vous le fais en plusieurs partie).

Première partie : d’une bonne situation à une situation invivable

La genèse

Après avoir eu mon Bac, je me suis lancée dans des études de psychologie. J’ai fait mon petit bonhomme de chemin, j’ai eu mon DEUG (oui, à l’époque on appelait ça comme ça… ça ne date pas d’hier !), me suis engagée en Licence… avant de découvrir un truc génial qui m’a immédiatement passionnée : Internet !

Après beaucoup d’auto formation, de passion et quelques cours du soir, je me suis finalement réorientée. J’ai trouvé une formation en alternance, qui me permettait à la fois d’apprendre et d’avoir un pied dans le monde du travail. A l’issue de cette formation et de mon contrat de qualification dans une multinationale américaine, j’ai immédiatement trouvé un CDI… dans une autre multinationale américaine du même secteur.

Le job de rêve…

Je n’aurais pas pu rêver mieux. Alors que ma mère avait tenté de me décourager lors de ma réorientation (la “bulle” avait éclaté, le web parait-il était bouché – mais la psycho était aussi bouchée ! c’est la première chose qu’on nous a dit au premier cours !), je n’avais pas connu une seconde de chômage : mon contrat de qualification prenait fin un vendredi, et le lundi j’entamais mon CDI.

Pour couronner le tout, j’avais un boss génial, et des collègues fantastiques. Vous ne pouvez pas imaginer l’ambiance fabuleuse dans laquelle j’ai eu la chance de travailler durant les huit années qui ont suivi.

Non, vraiment, je n’aurais pas pu rêver mieux. Lorsque l’on s’entend aussi bien avec ses collègues, les désagréments liés au travail en lui-même passent comme une lettre à la poste ! Mais c’était sans compter de profondes réorganisations.

…qui tourne au cauchemar

La dernière année que j’ai passé dans cette entreprise, beaucoup de choses ont changé. Suite à ces fameuses réorganisations au niveau international, le travail est devenu moins intéressant, l’ambiance plus pesante, les journées plus stressantes…  je vous passe les détails des difficultés de compréhension entre les uns et les autres !

Au début, je me disais qu’il me faudrait juste un temps d’adaptation. Mais ça s’est aggravé.

J’ai commencé à faire de l’insomnie, à avoir du psoriasis, à aller travailler avec la boule au ventre… et chaque dimanche soir je commençais à stresser à l’idée de retourner bosser le lendemain… au point d’en pleurer ! Ça ne pouvait plus durer.

Mon corps tout entier criait au secours. Le plus incroyable, c’est qu’il m’a fallu du temps pour accepter d’entendre ses S.O.S. et pour décider de faire quelque chose.

Poser des actes et garder son objectif en tête

Il était évident que je devais agir et cesser de subir. J’ai d’abord tenté d’évoluer en interne. BAM (c’est le bruit d’une porte qui claque sur le bout de mon nez) ! Pas moyen.

Et il est arrivé un moment où plus rien n’était possible. Je me suis donc retrouvée en arrêt maladie. Puis je suis retournée au travail. Et ainsi de suite. Entre deux arrêts maladie, j’ai pris mon courage à deux mains et demandé une rupture conventionnelle. Manque de bol, c’était l’été, pas vraiment le moment idéal pour débloquer ma situation.

Malgré tout, je ne voulais pas perdre de vue mon objectif. Tandis que mon problème ne semblait pas trouver de solution, j’ai contacté différentes personnes, du délégué du personnel au membre du CHSCT, en passant par le médecin du travail, qui ont prêté une oreille attentive à ma situation. J’ai aussi discuté avec des personnes qui avaient connu la même chose que moi et qui en étaient sortis, certains plutôt facilement, d’autres beaucoup plus difficilement.

Je m’attendais à tout, y compris à de longs mois de bras de fer. Mais j’étais soutenue. Par mon mari, mes amis, et toutes les personnes auxquelles j’avais parlé.

Et un jour, à ma grande surprise et pour mon plus grand plaisir, ça s’est finalement fait.

Et oui, j’étais heureuse, même si… je n’avais aucun plan précis derrière !

A suivre : Le chômage, concrètement

A vous les studios !

Mon récit n’est pas terminé, et vous aurez droit à la suite très bientôt. Mais si cet article vous inspire déjà quelques réflexions, s’il vous rappelle des souvenirs, si vous avez des anecdotes, je serais ravie de les lire !

Laissez donc un commentaire !

Photo : Alex E. Proimos